藁
Wara
わらいろ
Paille
Jaune pâle légèrement verdâtre évoquant la paille de tiges de riz séchées.
Si dans la culture occidentale, le mot paille fait référence aux tiges sèches des céréales comme le blé, l’orge ou le seigle, au Japon le terme wara désigne plus spécifiquement les tiges séchées des plans de riz, ou parfois du blé, après le récolte. On estime que la riziculture est pratiquée sur l’archipel depuis la fin de l’ère Jōmon (de 13000 à environ 400 avant l’ère commune). Mentionnée dans les documents Shōsōin (正倉院文書, vers 739), le Man’yōshū (万葉集, vers 759), ou encore le Konjaku monogatari shū (今昔物語集, vers 1120), la paille de riz avait de nombreuses fonctions dans la vie quotidienne des japonais. Ce matériau naturel, bon marché et abondant, était utilisé comme combustible, isolant, matériau de rembourrage, et transformé artisanalement en cordages, nattes de sol et d’emballage, balais, divers paniers et récipients, ou encore en accessoires vestimentaires, comme des chapeaux, gants, bottes, sandales et tenues imperméables. Cependant, même si wara est intégré à l’environnement traditionnel des Japonais depuis l’Antiquité, le nom de couleur wara-iro ne figure pas dans les textes anciens, et semble une adaptation récente du vocabulaire chromatique occidental (couleur paille en français et straw en anglais). Mugiwara-iro (麦藁色) est un autre équivalent japonais à la couleur paille, et désigne spécifiquement la couleur jaune clair de la paille de blé.
— cf. R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais – irocore.com