蒸栗
Mushikuri
むしくりいろ
Châtaigne étuvée
Jaune au ton pâle et doux évoquant la chair de châtaigne cuite à la vapeur.
Le kanji kuri (栗) est utilisé pour d’autres noms de couleurs, comme kuri-iro (couleur châtaigne, 栗色) ou kurikawa-iro (couleur coque de châtaigne, 栗皮色), qui font référence à des nuances de brun sombre, par analogie à la couleur du péricarpe de la châtaigne. À l’inverse, mushikuri-iro en désigne la couleur claire de la chair lorsqu’elle est cuite. Des traces de châtaignes (kuri) cultivées par l’homme, et non issues de variétés sauvages, ont été découvertes sur le site archéologique de Sannai Maruyama, dans la préfecture d’Aomori, qui a connu son apogée il y a environ 4 000 à 5 000 ans. Ce fruit faisait donc partie du quotidien des habitants de l’archipel nippon dès la période Jōmon (de 13000 à 400 av. l’e.c.). En tant qu’aliment, la châtaigne est citée dans un poème du Man’yōshū (recueil de poésie du VIIIe siècle), de Yamanoue no Okura : « Quand je mange un melon, je pense à mes enfants ; quand je mange une châtaigne, j’y pense plus encore… »
Dans la tradition lexicographique du bencao (histoire des matières médicales chinoises), le savant polymathe chinois Su Song (XIe siècle) aurait employé une graphie similaire à mushikuri (蒸栗/蒸栗色) pour faire une comparaison chromatique entre la couleur d’une pierre de jade et celle d’une châtaigne cuite à la vapeur. Cependant, mushikuri-iro n’étant pas retrouvé dans les sources classiques japonaises, rien ne permet d’affirmer l’existence de ce chromonyme en tant que couleur traditionnelle japonaise ancienne, même si les châtaignes constituent une ressource culinaire majeure depuis l’Antiquité au Japon.
— cf. dictionnaire des noms de couleurs de Kodansha