菜種
Natane
なたねいろ
Huile de colza
Jaune profond verdâtre rappelant la couleur de l’huile de colza.
Le nom de couleur natane-iro est ici employé comme un composé elliptique de 菜種油色 (nataneabura-iro aussi prononcé nataneyu-iro) qui désigne spécifiquement la couleur de l’huile de graine de colza, utilisée pendant l’époque d’Edo (1603-1868), pour cuisiner, et surtout comme combustible des lampes d’éclairage. Les kanjis qui composent ce terme se traduisent littéralement par “graine de colza”. À l’origine, natane désignait au sens large, les graines de légumes-feuilles de la famille des Brassicacées, à laquelle le colza indigène du Japon (Brassica napus) appartient, tout en étant un nom alternatif pour la plante elle-même. À partir du XVIe siècle, quand le colza connut une importance économique croissante pour ses propriétés oléagineuses, le terme natane a désigné plus précisément les graines dont on extrait l’huile, tandis que nanohana (fleur de colza) était utilisé pour les inflorescences de la plante.
Les noms de couleurs issus de ces termes sont progressivement apparus pendant l’époque d’Edo, cependant, si le référent jaune vif de nanohana-iro paraît évident, la couleur désignée par natane semble aussi équivoque que le terme lui-même. Elle est mentionnée dans cet extrait du roman populaire Shoen Ōkagami (諸艶大鑑,1684) de Ihara Saikaku (1642-1693) : « …[Son vêtement de dessus] avait une doublure couleur thé, en dessous, un vêtement natane-iro [couleur de colza – 菜種色], avec un obi de largeur moyenne en satin de soie blanc, les cheveux relevés en chignon rond, sans visage outrageusement fardé — ceux qui la voyaient en restaient saisis, tant elle était belle. »
Dans ce passage qui décrit la tenue d’une femme sortie secrètement sous un faux prétexte de pèlerinage pour rencontrer quelqu’un, on peut se demander si le vêtement natane-iro était jaune vif et séduisant comme la fleur de colza, ou bien s’il était d’une teinte plus discrète, proche de la nuance brunâtre de l’huile de colza et du thé brun. À contrario des nuances de jaune kuchinashi (支子, gardénia) et kokikuchinashi (深支子, gardénia profond) dont les méthodes de coloration ont été transmises par les textes anciens, natane-iro n’est pas répertoriée comme une couleur de teinture traditionnelle, et reste une évocation ambiguë. Quant à l’équipe du DIC Color Guide, elle aura tranché en faveur du jaune brunâtre semblable à nataneabura-iro, la couleur de l’huile de colza, qui n’a de traces écrites sous cette forme qu’à partir de l’époque moderne.
— cf. kotobank.jp – Next Digital Library – traduction IA Claude Sonnet 5