香
Kō
こういろ
Encens
Beige orangé pâle associé à la teinture au clou de girofle et à son parfum subtil.
Kō-iro — que l’on pourrait traduire par “couleur parfumée” — est teint avec le jus d’une décoction concentrée de clou de girofle (chōji), qu’on appelle aussi kōzome (香染, teinture-encens). Ce liquide de décoction étant très odorant, le parfum persistait sur le tissu qui en était teint. Dans le Makura no sōshi (枕草子, Notes de chevet, début du XIe siècle), Sei Shōnagon évoque à plusieurs reprise cette couleur, notamment dans un passage qui raconte une séparation à l’aube au septième mois, par grande chaleur, alors que toutes les cloisons restent ouvertes la nuit. La narratrice y décrit une femme endormie après le départ de son amant, vêtue d’un « hitoe [kimono non doublé] kōzome, ou bien de soie crue jaune », puis un homme « dans la brume épaisse du petit matin, [portant] un sashinuki [pantalon traditionnel] bleu-violet, et un kariginu [vêtement ample et léger] en kōzome d’une couleur à peine perceptible, une soie crue blanche à travers laquelle transparaît sans doute le rouge [du vêtement de dessous] », qui s’attarde à regarder cette scène par la persienne entrouverte. Cet extrait laisse transparaître l’art des superpositions de vêtements (kasane no irome), pratiqué par la noblesse à l’époque de Heian (794-1185). Kō était utilisée dans plusieurs combinaisons traditionnelles, dont l’une d’elle, constituée de deux épaisseurs de soie de couleur encens, en portait aussi le nom.
À cette époque le parfum était très important en matière de romance, et l’aristocratie participait à des jeux tels que des concours de combustion d’encens. À l’époque de Muromachi (1333–1573), quand l’art du thé (茶道, chadō, voie du thé) et l’art floral ikebana (華道, kadō, voie des fleurs) ont été codifiés, apparaît le kodō (香道, voie de l’encens), l’art d’apprécier l’encens selon un rituel très précis, qui n’est pas décrit comme “sentir”, mais plutôt comme “écouter” un parfum. Fabriqué à partir de différentes essences précieuses de bois parfumé (kōboku, 香木), l’encens était également utilisé pour ses propriétés médicinales, et ne peut être dissocié de l’histoire du bouddhisme. Dans le Myōgoki (名語記, dictionnaire expliquant l’étymologie sous forme de questions-réponses, achevé en 1275), compilé par un moine bouddhiste de l’école Shingon, figure la définition :
« Parmi les couleurs, qu’en est-il du kō-iro ? C’est kō ; on désigne par là la couleur de l’encens que l’on brûle devant le Bouddha. »
— cf. Sarasa Yoshioka – kotobank.jp : [1] [2]
— traduction IA Claude Sonnet 5