焦茶
Kogecha
こげちゃ
Thé brun brûlé
Brun grisâtre très sombre, tirant vers le noir, comme du thé brûlé.
Dans la nomenclature chromatique japonaise, les caractères 濃 (dense, foncé) et 深 (profond) sont habituellement employés pour qualifier les teintes sombres, mais l’usage du caractère 焦 (brûlé, roussi) est rare. Ce brun profond, proche de la terre de Sienne brûlée occidentale, est souvent cité comme l’une des couleurs les plus populaires et courantes encore aujourd’hui au Japon, où elle est utilisée pour toutes sortes d’objets. Il s’agit d’une variante de la famille des thés bruns (cha) très en vogue à l’époque d’Edo (1603-1868). Pendant cette période, en effet, des édits somptuaires, tels que les réformes Kansei de Matsudaira Sadanobu (de 1787 à 1793), restreignirent la garde-robe des roturiers aux seules teintes de brun, de gris et de bleu indigo, ce qui eut pour conséquence le foisonnement des teintes connues sous le nom des “quarante-huit thés (cha, bruns), cent souris” (nezumi, gris) (四十八茶百鼠), parmi les citadins d’Edo (ancien nom de Tokyo). les marchands, artisans, gens du théâtre, ont alors déplacé la compétition esthétique et sociale à l’intérieur de la palette qui leur restait. Ce sera le terreau de l’esthétique du iki, un raffinement dans la sobriété qui valorise notamment la capacité à repérer et à nommer des écarts minimes de teinte.
— source kotobank.jp – recherches IA Claude Sonnet 5