色

i r o

japonaises
traditionnelles
couleurs

千歳茶

Senzaicha

せんざいちゃ

DIC
  • R83
  • G70
  • B47

#53462F

DIC-N813

Thé de mille ans

Brun verdâtre foncé, très prisé à l’époque d’Edo (1603-1868).

La lecture sensaicha et la graphie 仙斎茶 désignent la même couleur. Si l’origine de ce terme est incertaine, les caractères 仙斎 pourraient indiquer un nom de personne, tandis que les kanjis 千歳 utilisés ici, signifient littéralement “mille ans”. C’est un nom dérivé de la couleur senzaimidori (千歳緑, vert de mille ans), un vert profond semblable à celui du pin à feuilles persistantes, vénéré depuis l’Antiquité comme un symbole de bon augure et de longévité. À l’issue de ses recherches dans les documents anciens, Mori Kumiko, autrice et spécialiste de teinture à l’indigo, a constaté que ces deux noms de teintes « semblent avoir été employés de façon indifférenciée, sans partage rigoureux entre les deux ». En effet, de nombreux manuels de teinture de l’époque d’Edo, se contentent d’écrire simplement senzai, sans préciser midori (vert) ou cha (brun).

Senzaicha désigne la couleur de tissus teints d’abord en bleu indigo clair (hanada), puis reteints en brun (cha). Dans le Kon’ya cha-zome kuden-sho (紺屋茶染口伝書, Tradition orale de teinture brune des teinturiers, 1666), il est écrit : « pour la sous-teinture, teindre en hanada pâle ; pour l’application suivante, teindre comme pour l’ai-mirucha », c’est-à-dire une teinte mirucha intensifiée à l’indigo.

On rencontre cette couleur dès le début de l’époque d’Edo. Elle fait partie des nuances mentionnées par le moine bouddhiste et écrivain de kanazōshi (littérature populaire principalement rédigée en kana) Asai Ryōi, pour décrire les vêtements de bikuni (litt. nonnes) itinérantes déchues et assimilées à des courtisanes, dans son Tōkaidō meishoki (東海道名所記, Guide descriptif des sites du Tōkaidō, 1659-1661).
Cette teinte semble avoir été particulièrement populaire au cours du XIXe siècle. Comme en témoigne un ouvrage décrivant les étapes de confection de vêtements pour le mariage (婚礼裁縫之次第, 1821), elle pouvait servir de couleur de fond aux motifs de tenues nuptiales. Plus généralement, elle était utilisée pour les kosode (kimono à manche courtes) et les tsumugi (tissu de soie) féminins. « Senzaicha — la seconde épouse le reteint », dit un court poème du Haifū Yanagidaru (誹風柳多留, vol.73, 1821), un recueil de poèmes senryū comptant 167 volumes publiés presque annuellement entre 1765 et 1840. Par ailleurs, plusieurs passages du Morisada Mankō (守貞謾稿, de Kitagawa Morisada, vol.16 et 18-19) – un manuscrit de 35 volumes rédigés sur une trentaine d’années à partir de 1837, décrivant les coutumes et les particularités des trois principales villes Kyoto, Osaka et Edo – permettent de préciser qu’hommes et femmes portaient des étoffes de cette teinte. Il pouvait s’agir de chirimen (soie crêpée) ou de coton, utilisés pour les sous-vêtements portés sous les kimonos, ou pour les vêtements à blason brodé.

— cf. Mori Kumiko – R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais – Digital Daijisen et Nikkoku via kotobank.jp – traduction IA Claude Sonnet 5

Couleurs traditionnelles japonaises

DIC N701~N1000 des couleurs traditionnelles japonaises

JIS Z8102:2001 noms de couleur des objets