薄紅
Usubeni | Usukurenai
うすべに
- R223
- G128
- B129
#DF8081
DIC-N716
Rouge carthame pâle
Rouge rosé doux obtenu par une teinture légère au carthame.
Couleur étroitement associée au paysage du printemps, ce rouge pâle est apparenté au rouge benibana (carthame), dont sont également dérivées les nuances appelées nakabeni (carthame moyen) et kokikurenai ou fukakikurenai (carthame profond) ; beni et kurenai sont deux prononciations différentes pour le même ensemble de kanjis (voir rouge de carthame). Outres qu’ils constituent la base de combinaisons de couleurs variées, les différents tons de beni appartiennent au pigment rouge le plus représentatif de la culture japonaise. Il est utilisé pour la teinture des textiles, le maquillage dont le kuchibeni (rouge à lèvre), et la peinture, comme le beni-e (impressions sur bois de couleur rose) par exemple. — cf. R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais
Face au kokikurenai (rouge écarlate profond) qui durant la période Heian (794-1185) faisait partie des “couleurs interdites” (禁色 kinjiki), teintes réservées à l’empereur et à la très haute noblesse, l’usubeni appartenait aux “couleurs autorisées” (聴色 yurushi-iro) que les gens du peuple pouvaient porter. À propos de la méthode de teinture pour obtenir l’usubeni, un manuel technique de teinturier –Enji Zomekata Hiden (臙脂染方秘傳, litt. Secrets des techniques de teinture au carmin) datant de 1829 (époque d’Edo), indique que «pour une pièce de soie (ittan), on emploie quarante-cinq monme (1 monme = environ 3,75 g) de katabeni (carthame semi-raffiné), et pour la sous-teinture, trente monme de curcuma (ukon), afin d’obtenir une teinte extrêmement pâle couleur de jaune d’œuf.» — irocore.com
Comme usukurenai / usubeni, les couleurs traditionnelles japonaises revêtent de nombreuses nuances, tant dans leurs appellations que leurs teintes mêmes.