丁字
Chōji
ちょうじいろ
Girofle
Beige orangé obtenu à partir des pousses ou des fruits séchés de giroflier.
Les kanjis utilisés pour le nom signifient littéralement chō/tei/ata(ru): haut, fort et ji/aza: caractère, grandir. Au Japon, le clou de girofle était déjà arrivé via la Chine dès l’époque de Nara (710–784/794). Il figure parmi les substances médicinales de l’époque conservées au Shōsōin, et le Shuju Yakuchō (種々薬帳, Registre des diverses substances médicinales, 756) qui y est conservé en fait mention en tant que remède.
Chōji-iro considérée comme une couleur précieuse depuis l’époque de Heian (794-1185) était réservée aux étoffes luxueuses. La teinte est en général obtenue à partir des pousses de giroflier, bien que les tiges et les fruits séchés fassent aussi l’affaire. Le premier bain de teinture donne une couleur pâle similaire à kō-iro (encens). En ajoutant du fer ou de la soude au bain de giroflier, on obtient un résultat plus sombre appelé chōji-iro.
Cette couleur est mentionnée dans le Gengi Monogatari (Le Dit du Genji, vers 1008), notamment au chapitre 52 appelé Kagerō (蜻蛉, libellule/éphémère), où sont décrits la beauté androgyne et les vêtements du prince Niou no Miya (匂宮):
« Il passa cette journée-là [à ses occupations], et le lendemain matin il se rendit chez Ōmiya. Comme d’habitude, le Prince [Niou] s’y trouvait aussi. Il portait un hitoe [vêtement non doublé] de gaze légère, teint profondément au giroflier, revêtu par-dessus d’un nōshi [vêtement de dessus porté par les hommes de la noblesse] finement tissé — et cette mise ne le cédait en rien à la splendeur de la parure d’une femme des plus charmantes. Il avait le teint blanc et éclatant, le visage un peu plus amaigri qu’auparavant, mais il était vraiment beau à voir. »
— cf. iroai.jp — R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais — traduction IA Claude Sonnet 5