黄蘗
Kihada
きはだいろ
Phellodendron
Jaune-vert vif tiré de l’écorce du phellodendron amurense, aussi appelé arbre au liège ou phellodendron de l’Amour en français.
L’Amour dont il est question ici, fait référence au fleuve Amour (du russe Amur, Амур), dont le bassin versant s’étend sur une partie de la Mongolie, de la Chine où il est appelé fleuve du dragon noir, et de la Russie, la zone géographique dont le phellodendron amurense est originaire. Son nom japonais kihada – parfois prononcé kiwada – vient de la couleur de l’écorce interne jaune vif de l’arbre. Une autre graphie existe en kanji – 黄檗 – qui désigne également le “bois jaune” et le remède antiseptique et digestif au goût amer qu’on peut en tirer, appelé ōbaku en pharmacopée. En broyant finement cette couche de liège jaune pour en faire une décoction, on obtient une teinture kihada-iro, principalement utilisée depuis l’Antiquité comme colorant du papier qu’on appelait alors kihadashi ou ōbakushi (魚養経). Considérée comme matière végétale aux propriétés insectifuges, la teinture d’écorce de phellodendron aurait été abondamment utilisée pour protéger les papiers précieux. De nombreux textes sacrés — comme le Sūtra Gyoyō (魚養経, époque de Nara, VIIIe s.) issu du Daihannya-kyō (le Sūtra de la Grande Vertu de Sagesse ou Mahāprajñāpāramitā Sūtra) — ont été calligraphiés sur du papier teint au kihada. De même, le Hyakumantō Darani (百万塔陀羅尼, litt. Un million de pagodes et de prières dhāranī, 764-770), considéré comme le plus ancien imprimé connu au monde (savoir s’il s’agit de gravure sur bois ou sur cuivre est encore débattu aujourd’hui), aurait été réalisé sur du papier de chanvre de cette couleur.
La teinture de kihada semble, cependant, avoir été peu utilisée pour les étoffes. Pour obtenir des nuances de tissus jaunes, on lui préférait les fruits du gardénia (kuchinashi) ou le miscanthus (kariyasu), des teintures qui résistaient mieux à la lumière. Au chapitre des réglements du Bureau de la couture de l’Engishiki (延喜式), vol. 14, vers 927), les dotations pour les teintures relatives à kidaha renseignent sur le fait qu’elle servait probablement de sous-teinture de l’indigo en tant que base pour obtenir des verts : « Pour un rouleau de damas vert moyen — de même pour la soie grège torse, le fil grège torse et l’étoffe d’Azuma — : six bottes d’indigo, deux livres de kihada (grand étalon), quatre-vingt-dix livres de bois de chauffe. […] Pour un rouleau de soie unie vert bleuté : quatre bottes d’indigo, deux livres de kihada, quarante livres de bois de chauffe. Pour un écheveau de fil vert pâle bleuté — de même pour le fil vert pâle jaunâtre — : un petit-demi de botte d’indigo, huit onces de kihada. »
— cf. Yoshioka Sarasa – dictionnaire des noms de couleurs de Kodansha – kotobank.jp – traduction IA Claude Sonnet 5