深支子
Kokikuchinashi
こきくちなし
Gardénia profond
Orangé-brun soutenu, nuance foncée de gardénia.
Cette nuance plus soutenue de kuchinashi (gardénia) est obtenue par teinture à base de fruits du gardenia jasminoides et de benibaba (carthame), dont la méthode figure dans l’Engishiki (延喜式, recueil de lois et de règlements, 927) : « Pour une pièce de damas de soie aya [damas destiné à être teint dans la couleur nommée] teinte en gardénia profond (深支子) : douze ryō (grande mesure) de carthame, un to de gardénia [fruit], cinq gō de vinaigre, une demi-brassée de paille, trente kin de bois de chauffage. »
À l’époque Heian (794-1185), cette teinte, proche de celle utilisée pour la tenue du prince héritier, faisait partie des kinjiki (禁色), les couleurs réservées à certains rangs de cour et strictement interdites aux autres. Murasaki Shikibu, l’auteure du Dit du Genji, décrit également les tenues de cour et l’art du kasane no irome (superpositions de couleurs de kimononos en fonction des saisons et des événements) dans son journal (紫式部日記, Murasaki Shikibu nikki, début du XIe siècle) :
« Quand on regarde à l’intérieur du store de bambou, les dames autorisées aux couleurs interdites portent, comme toujours, la robe chinoise (karaginu) bleue ou rouge, avec la jupe traînante (mo) à motifs martelés (jizuri) ; par-dessus, uniformément, une étoffe bois de sappan (suō). Seule la Dame “Uma no chūjō” [sobriquet ou titre hérité, litt. Chūjō des Écuries] portait un tissu teint en couleur raisin (budō-zome) ce jour-là. Les robes battues au battoir (uchimono) mêlent rouge et rose d’automne, foncés et clairs ; et parmi les robes du dessous, chacune suit son goût : le kuchinashi habituel, tantôt foncé tantôt clair, la couleur shion [aster], le chrysanthème doublé de bleu, ou parfois trois épaisseurs superposées. »
— cf. kariginu.jp — khirin-t — R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais — traductions IA Claude Sonnet 5