色

i r o

japonaises
traditionnelles
couleurs

苅安

Kariyasu

かりやす

DIC • JIS
  • R253
  • G198
  • B0

#FDC600

DIC-N804

Miscanthus

Jaune verdâtre clair obtenu par teinture de miscanthus des teinturiers.

Le nom japonais du Miscanthus tinctorius qu’on pourrait traduire par “herbe facile à couper”, peut également s’écrire avec les kanjis 刈安. C’est une plante de la famille des graminées, proche de la susuki (Miscanthus sinensis), l’herbe de la pampa japonaise autrefois utilisée comme matériau pour les toitures et associée à l’automne dans les haïkus saisonniers. Une autre plante tinctoriale d’un genre botanique différent, le kobunagusa (小鮒草, Arthraxon hispidus) est abusivement et localement appelée kariyasu sur l’île d’Hachijō-jima, mais elle produit une teinte plus claire que le miscanthus tinctorius.

Depuis l’Antiquité, le mont Ibuki dans la préfecture de Shiga, est réputé pour la production de kariyasu, grande herbe touffue pouvant atteindre un mètre de hauteur. Une fois coupée et séchée, une décoction de cette plante permet d’obtenir une teinture jaune, traditionnellement utilisée pour les colorations du fil et des étoffes. Le trésor du Shōsō-in conserve plusieurs objets teints à l’herbe kariyasu, dont une pièce de soie inutilisée qui fut présentée en tribut en 743 (Tenpyō 15) de l’époque de Nara (710-784/794). Comme un passage du Nihon shoki (日本書紀, Annales ou Chroniques du Japon, 720) stipule qu’en l’an 693 « un édit ordonna aux gens du peuple du royaume de revêtir un habit de couleur jaune et aux esclaves/serviteurs, un habit sombre », certains estiment que ce vêtement jaune imposé par la loi aux sans-grade et aux roturiers aurait été teint avec du kariyasu.
Pendant l’époque de Heian (794-1185), des règlements de l’Engishiki (延喜式, 927) stipulent la quantité de matière première nécessaire pour les étoffes teintes en jaune pâle ou jaune profond à l’herbe kariyasu. Elle était également employée avec d’autres composants tinctoriaux pour obtenir des nuances vertes à brunes. Selon le règlement du Nuidono-ryō (縫殿寮, Bureau de la Couture du Palais) également consigné dans l’Engishiki, on ajoute de la racine de grémil (murasaki), pour obtenir les nuances kikujin (poussière de kōji) ou aoshirotsurubami (chêne bleu blanc). Ces deux noms désignaient à l’époque une même teinte, réservée à l’empereur et à certains fonctionnaires de cour de rangs supérieurs.

— cf. dictionnaire des noms de couleurs de Kodansha — Yoshioka Sachio — ja.wikipedia — R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais

Couleurs traditionnelles japonaises

DIC N701~N1000 des couleurs traditionnelles japonaises

JIS Z8102:2001 noms de couleur des objets