白茶
Shiracha
しらちゃ
Thé pâle
Brun pâle jaunâtre et blanchâtre évoquant une teinte délavée de thé.
Même si ce nom de couleur possède une graphie semblable au terme shirocha (しろちゃ) désignant une sorte de thé de qualité supérieure, il se prononce différemment. Shiracha est l’une des nombreuses nuances associées aux bruns cha (thé) très en vogue à l’époque d’Edo (1603–1868), mais pâle et blanchâtre. Le préfixe shiro/白 y indique, comme souvent dans les noms composés de couleur, non un blanc littéral mais une pâleur, un affaiblissement de la teinte de base. C’est aussi ce que suggère ce haïkaï du recueil Gyokukai-shū (玉海集, vol.4, 1656, par Masamichi) : « Quand la neige s’amoncelle, même les feuilles, même les fleurs prennent la teinte shiracha ! »
Les nuances de thé (cha) étaient obtenues de teintures à base d’écorces et de fruits riches en acide tannique : tsurubami (chêne), yasha (aulne vert du Japon), kurumi (noyer), kaki (plaqueminier), assen (cachou). Visuellement en effet, shiracha est une nuance proche de la couleur shirotsurubami (白橡, teinture de chêne pâle) extraite du tsurubami.
L’expression shirachakeru (déteindre, passer) suggère que les nuances blanchâtres paraissant délavées telles la couleur thé blanc, auraient été plutôt mal perçues avant de se populariser. Le milieu de l’ère Genroku (1688-1704) a surtout vu la mode des bruns relativement foncés ; ce serait seulement avec l’ère Bunka-Bunsei (1804-1830) que les bruns clairs, dont le shiracha, seraient devenus des couleurs “chic” prisées des esthètes.
— sources kotobank.jp – Yoshioka Sachio – irocore.com
—traduction Claude Sonnet 5