萱草
Kanzō
かぞういろ
Hémérocalle
Jaune orangé vif évoquant la fleur d’hémérocalle.
Kanzō, prononcé kazō, était utilisé dans la poésie classique waka pour parler de l’hémérocalle, où il est aussi mentionné comme wasuregusa (traduit par “herbe de l’oubli”, ce qui renvoie aussi au myosotis : Forget-me-not en anglais). L’hémérocalle fleurit au début de l’été et le nom de la couleur fait référence à sa nuance jaune orangé vif. La teinture est obtenue en mélangeant kuchinashi (jasmin du cap) ou kihada (arbre à liège de l’Amour) avec benibana (carthame) ou suō (sappan). Elle ressemble beaucoup à ōni (jaune-orange), une couleur réservée à la famille impériale. Ce jaune kanzō-iro permettait au peuple de contourner l’interdit appliqué au port de cette teinte. Comme il est précisé dans le Kasane no irome (l’art de superposer les robes qui se développe à partir de l’époque de Heian (794–1185), pratiqué par les nobles à la cour, selon la saison, l’occasion ou le rang), elle était portée lors des deuils pour exprimer “l’oubli du chagrin”.
— cf. R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais
Dans le Genji monogatari (源氏物語, Le Dit du Genji, vers 1010), Murasaki Shikibu décrit le vêtement d’une warawa (servante-enfant) après la mort de sa maîtresse Dame Aoi (Aoi no Ue):
« Sa petite robe d’enfant, teinte plus noire que celle des autres, ce sombre kazami, cette jupe-hakama couleur d’hémérocalle [萱草の袴] qu’elle porte — tout cela compose une figure touchante. » — traduction IA Claude Sonnet 5