栗皮
Kurikawa
くりかわいろ
Coque de châtaigne
Brun rougeâtre sombre rappelant le péricarpe de la châtaigne.
Kurikawa-iro fait référence à la coque brun rougeâtre des châtaignes fraîchement ouvertes, pour désigner la couleur châtain, appartenant à la vaste gamme des nuances brunes populaires pendant l’époque d’Edo (1603-1868). Elle est souvent associée à kuri-iro (couleur châtaigne, 栗色), à kurikawacha (thé brun châtaigne, 栗皮茶), ou encore à ochikuri (châtaigne tombée, 落栗), une couleur de vêtements superposés (kasane) de l’époque Heian (794-1185) qui apparaît dans le Genji monogatari (Le Dit du Genji, 栗皮茶) écrit par la dame de cour Murasaki Shikibu au XIe siècle.
Yoshioka Sachio (1946-2019), historien des couleurs et teinturier de 5e génération, a expliqué avoir fait des recherches avec son atelier pour reconstituer les nuances de kuri selon des méthodes traditionnelles. Aux techniques anciennes répertoriées, utilisant du bois de sappan (suō) teint vers le noir, ou encore de l’écorce de prunier avec du kanemizu (acétate ferrique utilisé pour le noircissement des dents – voir aussi kuriume), il confie avoir préféré l’utilisation d’une décoction de bogues de châtaigne en développant la couleur à la chaux, un procédé qui lui sembla le mieux correspondre à ce que doit être kuri-iro.
En 2018, paraissait le livre Contes d’Ise, Contes de Risée sous-titré Une parodie japonaise, une traduction française par Renée Garde du Kuse Monogatari (癇癖談, composé vers 1791 et publié à titre posthume en 1822) de Ueda Akinari (1734-1809). Ce livre parodique dans lequel l’auteur japonais réécrit sur un mode cocasse un grand classique du Xe siècle (Ise monogatari, 伊勢物語) composé de petits récits entrecoupés de poèmes, constitue un véritable documentaire sur le début de l’époque Edo. Ueda y emploie notamment kurikawa-iro pour décrire les tendances des couleurs brunes et la versatilité des modes chromatiques: « Coiffures des hommes et des femmes, ornements de peigne, teintes des habits — hier c’était le brun verdâtre (hiwacha), aujourd’hui c’est le châtain (kurikawa-iro), [la mode] passe de la capitale [Kyoto] à l’Est [Edo], puis de l’Est revient à Naniwa [Osaka] — quel monde affairé ! »
— cf. kotobank.jp – shikinobi.com – Yoshioka Sachio – R. Menegazzo, Iro, l’essence de la couleur dans le design japonais – traduction IA Claude Sonnet 5