PANTONE® le XXe siècle en couleurs
les années
1970
Éclectisme et retour à la nature
Couleurs à coordonner
7752 C
PANTONE
157 C
PANTONE
7465 C
PANTONE
2718 C
PANTONE
121 C
PANTONE
211 C
PANTONE
7416 C
PANTONE
644 C
PANTONE
“L’explosion de couleurs des années 1960 a incité de nombreuses personnes à expérimenter à tout va, aussi bien dans la mode que dans la décoration d’intérieur. Pour ceux qui restaient intimidés par l’étendue de ce vaste choix, plusieurs outils apparaissent, aidant les créateurs et les consommateurs à naviguer dans cet arc-en ciel moderne. L’ouvrage de 1961 de Johannes Itten, L’art de la couleur “Son mélange de philosophie de la couleur issue du Bauhaus et d’application graphique est baptisé ‘éthico-esthétique’. Il s’agit d’une discipline mêlant des éléments de psychologie comportementale, de sociologie et de psychiatrie. En pratique, elle invite les artistes et les créateurs à décrire de quelle manière les couleurs peuvent interagir entre elles.” ressort à bas prix en 1970. […] Les couleurs de la vie quotidienne “À l’instar du travail d’Itten, l’ouvrage traite des relations entre les différentes familles de couleurs, et explique les concepts de clarté et de nuance, de contraste et d’harmonie Son objectif avoué est de ‘vous aider à percevoir et à sentir les relations qui existent entre les couleurs, pour que vous compreniez plus clairement quelles sont celles qui vous correspondent’.” est publié en 1975 et distribué dans les écoles de tout le pays, ainsi qu’au grand public. […] L’harmonie et le contraste sont souvent représentés par des nuances complexes de moutarde, de bleu aigue-marine et pervenche, de jaune citron, de rose, de vermillon et de bleu ciel.”
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Teintes automnales
Avocado
PANTONE 18-0430
Golden Olive
PANTONE 16-0639
Cream Gold
PANTONE 13-0739
Harvest Gold
PANTONE 16-0948
Burnt Orange
PANTONE 16-1448
Tortoise Shell
PANTONE 19-1241
“Les hippies des années 1970 ne sont pas les seuls à revendiquer une proximité avec la nature. Des consommateurs de toutes origines se replient sur des tonalités naturelles, que ce soit pour s’habiller, se maquiller ou décorer leur intérieur. Au sommet de la liste de ces couleurs figure l’Avocado“un vert fumé qui n’existe pas forcément dans la nature, mais qui est perçu durant ces années comme une marque de franchise et d’équilibre, et comme un symbole d’élégance et de modernité. Il est de bon ton de mettre en avant toutes ces références et les cuisines des années 1970 sont envahies par l’Avocado, qu’il s’agisse de casseroles, de toile cirée ou de revêtement de sol.”. Toutefois, pour éviter tout écœurement, on utilise aussi des teintes plus légères comme le Golden Olive et le Cream Gold.
Harvest Gold, Burnt Orange et Tortoise Shell sont également des couleurs clés pour les appareils ménagers, au moment même où l’architecture d’intérieur prône des cuisines ouvertes sur les salles à manger, afin que les membres de la famille puissent passer plus de temps réunis.”
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Cuirs et plumes
Corsair
PANTONE 19-4329
Gray Green
PANTONE 16-0518
Tan
PANTONE 16-1334
Mustang
PANTONE 19-1217
Cinnabar
PANTONE 18-1540
Pheasant
PANTONE 16-1332
“En 1962, le livre de Rachel Carson, Printemps silencieux“La menace d’un écosystème sans oiseaux, mortellement blessés, alerte la population, et l’ouvrage sert au cours des années 1960 de cri de ralliement à un mouvement environnemental de plus en plus puissant. La première Journée de la Terre se tient en 1970. Le « Clean Air Act » (loi sur la qualité de l’air) est signé la même année aux États-Unis, suivi en 1972, des « Clean Water Act » (loi sur la qualité de l’eau) et « Pesticides Control Act » (loi sur la réglementation des pesticides). Dix ans après Printemps silencieux, l’utilisation de l’accusé numéro 1, le DDT, est finalement interdite.”, porte à l’attention de tous les méfaits de l’utilisation des pesticides.
[…] Une palette naturelle correspondant aux références de la culture des Indiens d’Amérique est née du soudain intérêt pour les problèmes environnementaux et les revendications des peuples natifs. […] Corsair et Gray Green évoquent parfaitement les eaux pures des lacs et des cours d’eau. Tan, Mustang, Cinnabar et Pheasant rappellent le daim, les bottes élimées et les vestes à franges des années 1970.”
“En 1971, l’association Keep America Beautiful lance une campagne de communication sur la Journée de la Terre qui deviendra l’un des symbole de ce mouvement. Elle met en scène un Indien navigant en canoë sur des eaux de plus en plus polluées au fur et à mesure qu’il approche d’une grande ville industrielle, où finalement on lui jette aux pieds un sac de déchets. À la fin du spot, il se tourne vers la caméra et une larme roule le long de son visage. Le message est clair: il est temps de prendre soin de l’environnement avant qu’il ne soit trop tard. Le magazine Ad Age a classé cette publicité parmi les cent meilleures du XXe siècle.”
Keep America Beautiful: The Crying Indian (1970) – avec l’acteur italo-américain Iron Eyes Cody.
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La Provence
Provence
PANTONE 16-4032
Vivid Blue
PANTONE 17-4432
Artichoke Green
PANTONE 18-0125
Deep Claret
PANTONE 19-1840
Phlox Pink
PANTONE 17-2627
Deep Lavender
PANTONE 18-3633
Lavender
PANTONE 15-3817
“Les années 1970 sont loin d’être roses et elles sont parsemées de guerres, de crises économiques et de catastrophes climatiques. […] Le style campagnard français“En 1967, les décorateurs et antiquaires Pierre Le Vec et Pierre Moulin ont ouvert une boutique à Greenwich Village, à New York, qu’ils ont baptisée Pierre Deux. Le mélange de mobilier en bois fruitier délavé, de céramique rustique, d’accessoires en verre et de tissus français imprimés Souleiado connaît un immense succès. […] L’engouement pour ce style n’est pas uniquement nostalgique, ni sentimental, car il se base sur les véritables teintes du ciel, de la terre, des fleurs et des arbres de Provence. Et la « joie de vivre » du style campagnard français s’associe parfaitement aux articles faits main de nombreux autres pays, ce qui leur permet de se fondre dans la décoration intérieure selon les goûts de chacun.” apporte un peu d’apaisement aux arts décoratifs de cette période. […] Le style campagnard français des années 1970 est naturellement dominé par la teinte Provence, ainsi que par Vivid Blue, qui rappelle le magnifique ciel méditerranéen. Artichoke Green, Deep Claret et Phlox Pink évoquent la luxuriance de la flore et des fruits de la région, et Deep Lavender et Lavender suggèrent l’incontournable parfum de la plante du même nom”
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Le land art
284 C
PANTONE
454 C
PANTONE
7612 C
PANTONE
406 C
PANTONE
7674 C
PANTONE
408 C
PANTONE
2767 C
PANTONE
“Dans les années 1970 , les explorations spatiales rapportent, et popularisent une manière totalement inédite de regarder la Terre. […] La planète se révèle bien fragile – d’où l’idée de la protéger. […] Des artistes paysagers tels que Robert Smithon étudient la beauté terrestre et sa fragilité dans plusieurs de leurs œuvres – c’est notamment le cas en 1970, avec Spiral Jetty“(« la jetée en spirale »), une courbe de près de cinquante mètres de long composée de basalte noir et de terre, qui se jette dans le Grand Lac Salé de l’Utah. L’œuvre monumentale disparaît et réapparaît selon la profondeur du lac, parfois chargée de sel, parfois noire et graphique.” [qui] symbolise le caractère permanent et vulnérable de la nature, et l’influence de l’homme sur ces deux aspects.
En 1979, l’artiste James Turrell se lance dans un projet“Il acquiert le cratère d’un volcan éteint, vieux de quatre cent mille ans, près de Flagstaff, dans l’Arizona, et construit une série de tunnels, de salles et d’observatoires qui transforment l’endroit en lieu de méditation et d’observation sur la lumière et la foule. Comme le monument préhistorique de Stonehenge, les interventions de Turrell prennent en compte les solstices d’hiver et d’été et jouent avec le mouvement des planètes et des étoiles. Mais le projet du cratère de Roden est bien moins une célébration des saisons qu’une invitation à l’introspection – le fait d’étudier son esprit en plein acte de perception.” de land art non moins ambitieux. Le bleu foncé de l’espace et le gris de la cendre associent au projet du cratère de Roden un message cosmique. Mais, pour définir sa palette, l’artiste s’inspire surtout des tons changeants du ciel au gré de la journée.”
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Le jour où tout est devenu fluo
Process Blue
PANTONE
7488 C
PANTONE
Yellow 012
PANTONE
1575 C
PANTONE
Orange 021
PANTONE
213 C
PANTONE
Rhodamine Red
PANTONE
Pirate Black
PANTONE
“En 1974, les Ramones“Vêtus de blousons en cuir noir et de jeans sales, ils assaillent leur auditoire d’un son rêche qui vrille les tympans, par dose acides de deux minutes. Leurs textes courts sont loin des idylles des enfants-fleurs qui chantaient l’amour de l’autre et la paix sur terre: il s’agit plutôt de harangues rebelles qui descendent en flammes tout ce qui peut être sentimental, artificiel ou conventionnel.”, une bande de gamins du Queens, se produisent soixante-quatorze fois au CCBGB, célèbre club new-yorkais. C’est aux Ramones que l’on attribue généralement la paternité du punk.
À Londres, les Sex Pistols“Sous la direction du très branché Malcom McLaren, Johnny Rotten et Sid Vicious deviennent des antihéros mondiaux, mettant en lumière l’hypocrisie des notables de la classe dirigeante, sans même épargner la reine d’Angleterre. Ils sont aussi célèbres pour leurs cheveux verts que leurs tee-shirts aux slogans grossiers et leur dépendance à diverses drogues.” ne sont pas en reste et s’emparent de la bannière punk de la rébellion. Des sosies de Vicious et de Rotten surgissent d’un peu partout. […]
Les couleurs fluo de leurs coiffures et leurs affiches de toxicos sensibles à la lumière noire sont célébrées dans la chanson de 1978 des X-ray Spex, The day the World Turned DayGlo, dans laquelle la chanteuse Poly Styrene rejette en bloc la surabondance des matériaux synthétiques de la vie moderne : le polystyrène, le Nylon, le Plexiglas, l’acrylique, le polypropylène et le latex. La teinte préférée des punks est le nihiliste Pirate Black, une toile de fond idéale pour le spectre éblouissant des couleurs néon de leurs chevelures, et pour leurs tee-shirts maculés de taches de peinture.”
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La Fièvre du samedi soir
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10103 C
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212 C
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Warm Red
PANTONE
129 C
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301 C
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Black 3
PANTONE
“Un rythme binaire, des jeux de lumière éblouissants, des boules à facettes, du poppers et du méthaqualone : les discothèques deviennent les palais du plaisir de la révolution sexuelle.[…] Au début, le disco est un phénomène urbain, initié par les noirs et les gays. Mais en 1977, le film La Fièvre du samedi soir le propulse sur le devant de la scène.[…] Le costume blanc de Travolta, l’obscurité louche des boites de nuit et l’éclat argenté des boules à facettes forment le point de départ de la palette de cette vie nocturne. Le rose et l’orange éclatants, qui vibrent contre le jaune et le cobalt, nous rappellent la passion qui habite les dancefloors.”
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Hotel California
3005 C
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293 C
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555 C
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7765 C
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156 C
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7622 C
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539 C
PANTONE
“En 1963, le hit des Beach Boys, Surfin’USA, vante les mérites des plages californiennes, des vagues rafraichissantes et d’un mode de vie décontracté. Dans le monde entier, le message fait des émules, et la population de la Californie double presque entre 1960 et 1980.[…] Le sable et le surf ne sont pas les seuls attraits de la Californie. La télévision et l’industrie du cinéma sont synonymes de gloire et de fortune pour de nombreux jeunes gens en quête de célébrité. Seuls quelques-uns voient leurs souhaits se réaliser, comme les musiciens originaires du Midwest, des Eagles“[…] Hotel California, le titre des Eagles de 1977 issu de l’album du même nom, décrit le caractère séduisant et potentiellement dévastateur de la machine à fabriquer des stars de Los Angeles. La célébrité, le luxe et l’ivresse du succès sont certes très attirants, mais [le style de vie californien] constitue aussi un terrible piège : et après que devient-on ? Comme le dit la chanson : « Nous ne sommes que des prisonniers, ici, de notre propre système ».”, un groupe dont les albums restent au sommet des charts tout au long des années 1970.
[…] Les charmes naturels de la Californie sont rendus grâce à un bleu océan des plus vifs, accompagné du vert percutant des plantes qui ne voient jamais l’hiver. Ses dangereuses tentations se traduisent dans les couleurs du coucher de soleil, le rouge pâle et le bordeaux, avec, pour terminer, un fondu au noir.”
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1900 • 1910 • 1920 • 1930 • 1940 • 1950 • 1960 • 1970 • 1980 • 1990





























